Philippe Leclercq : au niveau régional, il faut « une rupture avec le système actuel »

ACTUAMETZ.FR  |  19 février 2010  |  Par Mélissa Duval  •  2 Commentaires 

Photo : Philippe Leclercq : au niveau régional, il faut « une rupture avec le système actuel »
Zap'Politique - Mélissa Duval a interviewé Philippe Leclercq

Interview de Philippe Leclercq, conseiller régional sortant et tête de liste du Front de Gauche pour les élections régionales

Philippe Leclercq, quelques mots de présentation ?

Je vais avoir 62 ans en juin. Je suis marié et j’ai 3 grands enfants et ainsi, 3 petits enfants : Emeline, Jimmy et Alicia. C’est pour leur génération qu’il faut impérativement modifier nos comportements.

Apres une carrière commerciale, je me suis reconverti dans « l’insertion professionnelle pour les plus éloignés de l’emploi ». Ceci m’ayant permis de constater l’écart entre ceux qui peuvent travailler tout de suite et ceux qui ont besoin qu’on les aide pour mettre le « pied à l’étrier ». Je suis conseiller régional sortant.

J’ai été élu en 2004 avec l’étiquette des Verts mais j’ai quitté ce parti il y a 2 ans ½ en désaccord politique ; il a une fâcheuse tendance à glisser vers le centre et les politiques sociales libérales, suivant en cela le PS. J’ai, depuis, adhéré à la Gauche Alternative dont un des axes politiques forts est la transformation sociale et écologique de la société.

Quel est votre vision du bilan de Jean Pierre Masseret ?

Peut largement mieux faire ! Il fallait une rupture avec le système actuel. Le productivisme à tout crin n’a pas besoin de l’accompagnement des finances des Lorrains. Il faut une vigilance accrue sur l’utilisation des subventions allouées, par exemple pour les holdings. Il fallait s’opposer au capitalisme et orienter les aides sur la qualité des emplois, les conditions de travail, l’accès réel aux formations … enfin des mesures socialistes en somme !

Une autre mesure importante aurait pu être de rassembler les autorités organisatrices de transports (AOT) et de travailler à la gratuité des transports en Lorraine. Des villes ou communautés de communes le font et en Lorraine en particulier alors pourquoi ne pas avoir engagé ça ?

Sur le volet des propositions, qu’est ce que le front de gauche souhaite apporter à la Lorraine ?

Nous avons mis en avant 8 priorités :

• L’avis des salariés sera demandé avant l’attribution des aides économiques.

• Un pôle public régional de l’énergie contribuera au développement de la production et de l’utilisation des énergies renouvelables via des coopératives locales.

• L’argent public doit aller à l’école laïque publique : ce qui implique la fin de tous les financements en faveur de l’enseignement privé.

• Une politique agricole en rupture avec le productivisme est désormais indispensable.

• Il faut sortir la formation professionnelle de la logique marchande par la création d’un pôle public de formation !

• Il y a urgence à mettre en place des transports collectifs gratuits.

• La Région Lorraine doit faire de la culture un bien commun, accessible à tous.

• Pour réduire les inégalités, le peuple doit participer aux constructions politiques ; des Conseils de Citoyens seront dotés de 4 missions : proposer, valider, contrôler, puis interpeller les élus !

On aura compris qu’avec le point 8, il s’agit de redonner du pouvoir aux citoyens ; nous ne sommes que ceux qui portent la parole des citoyens !

Au niveau national le front de gauche est composé également du parti communiste, en Lorraine celui-ci a choisit l’alliance dès le premier tour avec la liste socialiste, pourquoi maintenir le front de gauche lorrain sans une de ses composantes ?

La dynamique de rassemblement de plusieurs organisations anti productivistes et anticapitalistes est née il y a un an, au moment de l’élection Européenne. Dans la quasi-totalité des régions, ces équipes se sont reconstituées. Seules 5 régions ont préféré se lier au PS dés le 1er tour. En Lorraine, une bonne partie des militants communistes préfèrent s’appuyer sur les décisions nationales et choisissent le Front de Gauche. Tant mieux ; je crois, qu’avec eux, nous construisons l’avenir.

Que comptez-vous faire au second tour? Autrement dit, peut on critiquer une liste et après fusionner, s’allier ou même simplement appeler à voter pour elle ?

Les résultats du premier tour -et le rapport de force que les électeurs nous auront permis d’exercer- seront décisifs et commanderont l’attitude des uns et des autres ! À ce jour, le PS ne s’est pas intéressé à nos propositions, à notre programme. Si d’aventure nous devions réfléchir au 2ème tour, ce serait en fonction des résultats obtenus au 1er et avec des discussions sur le programme. Nous aurions des exigences programmatiques évidemment.

Si nous n’avions pas de critiques à formuler à l’égard de la liste PS, nous ne nous serions pas présentés contre lui. Il s’agit clairement de proposer une alternative à Gauche !

Si vous arrivez, sous l’étiquette du front de gauche, à vous retrouvez au moment des élections, pourquoi ne pas fonder un seul et grand parti à l’extrême gauche, même si le NPA ne vous rejoint pas?

Il faut garder les spécificités de chacun et ne forcer personne ; les marches se franchissent au fur et à mesure. L’union doit se grignoter ! On ne peut pas demander de se fondre obligatoirement en un seul et même mouvement avec des tendances … comme dans d’autres partis. Il me semble que c’est plus clair que de se réunir sur des programmes le jour où nous pouvons nous présenter ensemble.

Et on garde son autonomie pour « la vie de tous les jours » …

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Vos Réactions

2 réponses à “Philippe Leclercq : au niveau régional, il faut « une rupture avec le système actuel »”

  1. laurent  •   19 février 2010 14:32

    claire net et précis. merci

    faisons pencher la balance à gauche. pour des régions solidaires, écologistes et citoyennes

  2. worms anne-marie  •   27 février 2010 13:59

    Demande d’adresse pour courrier merci

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